Article de référence – actualisé en septembre 2026 _ Rédigé par Janet DIAS
La question du pouvoir d’achat est devenue l’un des principaux sujets sociaux au CEA.
Depuis de nombreuses années, les salariés constatent un décalage croissant entre l’évolution de leurs rémunérations, l’inflation et les responsabilités qui leur sont confiées.
Dans le même temps, les missions du CEA continuent de se développer : énergie, nucléaire, défense, santé, numérique, recherche et innovation. Les ambitions augmentent, les compétences demandées sont toujours plus fortes, mais la reconnaissance salariale ne suit pas au même rythme.
La CFE-CGC SICTAM considère qu’il est aujourd’hui nécessaire d’obtenir une politique salariale plus juste, plus lisible et surtout plus favorable au maintien du pouvoir d’achat.
Pourquoi parle-t-on d’une perte de pouvoir d’achat ?
Depuis 2009, la valeur du point utilisée dans la rémunération des salariés du CEA n’a pas suivi l’évolution de l’inflation.
Selon les méthodes de calcul et les mesures salariales déjà intervenues, les organisations syndicales évaluent le décrochage cumulé à environ 25 à 30 %.
Cela ne signifie pas que chaque salarié a personnellement perdu 25 ou 30 % de salaire. En revanche, cela illustre le décalage important qui s’est installé entre la valeur du point et l’évolution générale des prix.
Pour la CFE-CGC SICTAM, ce décrochage ne peut pas simplement être effacé en changeant les règles de rémunération : il doit être pris en compte dans toute réforme future.
Des salariés toujours engagés, mais une reconnaissance qui interroge
Le CEA dispose d’un atout considérable : l’attachement de ses salariés à leurs missions.
Les enquêtes sociales montrent que la grande majorité des salariés continue de trouver son travail intéressant et utile.
Mais elles font également apparaître des signaux de vigilance : sentiment de manque de reconnaissance, interrogations sur les perspectives professionnelles et situations de désengagement ou de baisse de motivation.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le CEA doit continuer à attirer et fidéliser des compétences scientifiques, techniques, administratives et managériales de haut niveau.
La politique salariale est donc aussi un enjeu d’attractivité et de maintien des compétences.
Ce que défend la CFE-CGC SICTAM
Depuis le début des discussions sur les rémunérations, la CFE-CGC SICTAM porte plusieurs revendications :
- une amélioration réelle et durable du pouvoir d’achat ;
- une revalorisation prenant en compte le décrochage historique de la valeur du point ;
- une politique salariale plus collective, lisible et transparente ;
- une meilleure reconnaissance des compétences et des responsabilités ;
- des garanties concernant les évolutions collectives et individuelles ;
- une grille et des parcours professionnels plus compréhensibles ;
- des moyens humains et salariaux cohérents avec les ambitions confiées au CEA.
Pour la CFE-CGC SICTAM, une réforme de la rémunération ne peut pas être uniquement une réforme technique des grilles, des métiers ou des mécanismes d’avancement.
Elle doit se traduire par une amélioration concrète pour les salariés.
Que s’est-il passé dans les négociations de 2026 ?
Au début des discussions, une enveloppe globale pouvant atteindre 100 millions d’euros avait été évoquée pour accompagner une évolution importante du système de rémunération.
Au fil des réunions, les propositions présentées ont cependant été fortement revues à la baisse.
Une partie des sommes envisagées a notamment été orientée vers différents dispositifs spécifiques, tandis que les mesures permettant un véritable rebasage ou rattrapage salarial sont devenues beaucoup plus incertaines.
Les arbitrages des ministères de tutelle jouent également un rôle déterminant.
C’est aujourd’hui l’une des principales difficultés : la Direction du CEA conduit les négociations avec les organisations syndicales, mais certaines décisions financières dépendent directement des tutelles de l’État.
Pour la CFE-CGC SICTAM, cette situation ne peut toutefois pas conduire à accepter une réforme sans garanties financières suffisantes.
Pourquoi se mobiliser ?
L’expérience a déjà montré que la mobilisation des salariés pouvait peser sur les négociations.
Le mouvement de 2021-2022 avait permis d’obtenir un accord salarial comprenant notamment des augmentations générales pérennes et des mesures de rattrapage.
En revanche, les négociations annuelles de 2025 n’ont pas permis de répondre aux attentes concernant le pouvoir d’achat : absence de prime exceptionnelle, budget d’augmentation limité et valeur du point toujours insuffisamment revalorisée.
En 2026, plusieurs centres ont commencé à se mobiliser.
À DIF puis au Ripault, plusieurs centaines de salariés ont participé à des actions collectives. Ces initiatives ont progressivement conduit les organisations syndicales à rechercher une coordination nationale du mouvement.
Une mobilisation intersyndicale nationale est désormais engagée
Depuis juillet, les organisations syndicales du CEA travaillent ensemble afin de coordonner les actions entre les différents centres.
L’objectif est simple : éviter des mouvements isolés et permettre aux salariés de tous les établissements d’être informés et de pouvoir s’exprimer.
Une nouvelle étape est organisée à la rentrée avec des assemblées générales et des temps d’échange dans plusieurs centres du CEA.
| À Fontenay-aux-Roses : à partir de12h00 Cafétéria de la cantine | À Saclay : de 13h00 à 14h00 Bâtiment 477 – Pièce 1 | À Évry : Contactez Steven McGINN |
La CFE-CGC SICTAM sera présente avec les autres organisations syndicales pour informer les salariés, distribuer le tract intersyndical, répondre aux questions et recueillir les avis.
L’objectif de cette journée n’est pas seulement de manifester.
Il s’agit également de savoir ce que pensent réellement les salariés et jusqu’où ils souhaitent soutenir la mobilisation.
Et après le 17 septembre ?
Le mouvement est appelé à évoluer en fonction :
- des réponses de la Direction ;
- des arbitrages des ministères de tutelle ;
- de l’évolution des négociations ;
- et surtout du niveau de mobilisation et des attentes exprimées par les salariés.
D’autres actions pourront donc être proposées dans les semaines suivantes.
La CFE-CGC SICTAM considère que cette mobilisation doit rester progressive, compréhensible et construite avec les salariés.
Une mobilisation peut prendre différentes formes : participation à une assemblée générale, soutien aux revendications, présence lors d’un rassemblement, expression collective ou, lorsque cela devient nécessaire, recours à la grève.
Chaque salarié doit pouvoir décider librement de son niveau d’implication.
Notre rôle : vous informer et porter votre parole
Notre responsabilité de représentants syndicaux ne consiste pas uniquement à négocier avec la Direction.
Elle consiste aussi à vous expliquer ce qui se passe, recueillir vos attentes, répondre à vos questions et porter vos propositions dans les différentes instances de négociation.
Les prochaines semaines seront importantes pour l’avenir de la politique salariale du CEA.
Nous continuerons donc à mettre régulièrement à jour les informations disponibles sur Électron Libre – Paris-Saclay-Fontenay-aux-Roses.
Vous souhaitez comprendre une proposition ?
Vous avez une question sur les négociations ?
Vous souhaitez connaître les prochaines étapes du mouvement ou simplement nous faire part de votre avis ?
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Rédigé par Janet DIAS
